Les mots d’Isidore III

Podcast L'Expérience France Culture - 2019

Un podcast original en 5 épisodes pour une Expérience signée Clara Beaudoux, réalisée par Manoushak Fashahi

> A ECOUTER et découvrir ICI sur le site de France Culture

Sélection prix Phonurgia Nova 2019 catégorie « Archives de la parole » (diffusion BNF septembre 2019)

« Dans un lot de cassettes audio familiales, Clara Beaudoux a retrouvé une émission de France Culture datée de 1987, avec la voix enregistrée d’un personnage de sa famille, sur les traces duquel elle part : Isidore. Pharmacien de profession, Isidore était passionné d’étymologie. Il inventait des mots à partir du latin et du grec puis tentait de les introduire dans la langue française au moyen de tracts, pancartes ou envois postaux. Sur ses tracts, il se nomme « Isidore III » : son « nom d’écrivain », car son père et son grand-père s’appelaient Isidore… Plongez dans une enquête poétique et linguistique sur les traces d’Isidore III, en 5 épisodes. »

Sur Isidore III dans L’Intimiste la newsletter : « Ecouter Isidore dire « Les mots comptent parmi les drogues les plus puissantes, les plus impactogènes », c’est comme tomber par le trou du terrier et découvrir un autre monde. C’est devenir un peu Alice au pays des merveilles, quand bien même le travail de ce militant du langage n’a pas été aussi impactogène qu’il l’aurait voulu. Le pharmacien-linguiste eut beau écrire aux présidents et autres « élites », fabriquer et envoyer des tracts, se planter avec son pliant et ses pancartes aux carrefours passants de Quiberon, l’été, vêtu de sa blouse blanche et d’une écharpe rouge (en soie naturelle) pour la mise en scène, rien n’y fit. Sa langue resta ignorée.
Nous devons donc une fière chandelle à Clara Beaudoux, qui l’a récemment exhumée. La journaliste et documentariste a coutume de chasser les traces laissées par les anonymes et de les mettre en lumière (comme dans le fabuleux Madeleine project). Il se trouve qu’elle est aussi la petite-fille d’Isidore, redécouvert en farfouillant dans un vieux lot de cassettes audio familiales. Le résultat est un petit bijou radiophonique, belle épitaphe à ce drôle de zébulon (« J’ai l’âge de vos artères », dit-il à Thierry Lamireau »), savant (son frigo n’était pas branché et lui tenait lieu de bibliothèque) et qui nous manque déjà, à nous qui venons de faire sa connaissance. »